L’énigme du PLC

Lorsque j’ai commencé à suivre la politique partisane de façon plus précise à la fin des années 90, il y avait une certaine certitude que le PLC allait être carrément un parti hégémonique pour très longtemps. On parlait même du concept d’une dictature bénigne (ou «Friendly Dictatorship» tel que véhiculé par certains auteurs. Tout comme l’hypothèse émise en 1984 que le PC allait gouverner jusqu’en l’an 2000, cela fut carrément une fausse prédiction…

Dix ans plus tard (donc environ 2500 ans dans l’âge de la politique partisane) et le PLC stagne et cela même en Ontario depuis un certain temps même dans la grande région de Toronto. Comme certains commentateurs disent, le PLC est un devenu lui-même un parti régional! Ironique en fait pour un parti qui propose un état fédéral fort!

Mais comment expliquer cela?

Ayant un système politique très régionalisé, il est évident que le système fédéral au Canada est davantage visible comme réalité concrète si celle-ci se prend comme des blocs et cela à part le paradigme urbain-rural qui est visible un peu partout sur la planète.

Donc, en regardant ses blocs régionaux, on voit ainsi que l’élection «régionalisée» de 1993 allait prédire la situation plus de 15 ans plus tard.

Il est à noter que traditionnellement et cela depuis 50 ans, le PLC avait comme base le Canada Central (l’Ontario et le Québec) et la région de l’Atlantique (qui donne cependant peu de sièges au total), avec les autres sièges du PLC plus à l’ouest qui sont habituellement des votes personnels pour un candidat donné.

Or, en 1993 jusqu’à ce jour, le Bloc Québécois est véritablement  chercher un bon nombre de sièges avec la division du vote par circonscription, malgré que son vote populaire a été assez inégal selon les élections. Donc, à part la partie ouest et nord-est Montréal et quelques autres circonscriptions, le PLC a perdu son château-fort au Québec qu’il a eu presque sans interruption pendant 80 ans.

En Ontario, avec la division du vote entre le Parti Réformiste/Alliance et les progressistes-conservateurs, cela faisait donc, qu’avec 40-45% des votes, le PLC pouvait aller chercher plus de 100 sièges!

Donc, il est évident que cela est moins le cas de nos jours, en particulier avec la remontée du NPD et des Verts, malgré que ceux-ci sont très volatiles dans les sondages.

J’ignore si le PLC va revenir en force dans les prochaines années, mais autant dire que le parti n’a pas fait sa reconstruction de manière solide, en devenant simplement une simple caricature du passée à mon point de vue. Même que le groupe qui était le plus apte à voter pour ce parti de façon relative (soit les immigrants de première ou seconde génération) déserte peu à peu ce parti pour aller ailleurs. Or, l’élection de Rob Ford dans une ville où que les individus issus de l’immigration sont majoritaires fait constater que les conservateurs risquent tant au niveau fédéral au provincial de revenir peu-à-peu en force dans la plus grosse agglomération au Canada avec les Torontois de souche qui votent Libéral ou néo-démocrate! C’est donc le jour et la nuit avec les années 70-80!

Par ailleurs, je comprends visiblement que le PLC et son leadership était impopulaire durant la majeure partie de l’époque Mulroney, mais force est de constater que la dynamique de nos jours change, et une campagne électorale se fait maintenant de manière quasi-permanente, du moins pour tous les partis majeurs.

C’est force que de dire que malgré que rien n’est sûr en politique, le PLC risque de manquer le bateau. Ce n’est pas en s’accrochant à ses vieilles figures d’une autre ère, que le parti risque de changer sur son sort qui est celui de se retrouver dans la même situation que son homologue Britannique il y a 70 ans dans une situation de nostalgie au lieu d’une pro-activité.

En terminant la facteur du joker vient des ailes provinciales du parti, celles-ci risquent probablement d’avoir de gros ennuis s’ils ne sont pas suffisamment autonomes. Or, malgré que les partis libéraux au Québec et en Colombie-Britannique sont autonomes, ils ne sont pas très populaires en ce moment tout comme celui de l’Ontario qui est extrêmement impopulaire comme celui de son voisin de l’est qui bat des records d’impopularité. Donc, à moyen terme, reste seul l’Île-du-Prince-Édouard qui a un gouvernement libéral au niveau provincial!

2 réflexions sur “L’énigme du PLC

  1. « Donc, à moyen terme, reste seul l’Île-du-Prince-Édouard qui a un gouvernement libéral au niveau provincial! »

    Et j’espère que cette prédiction restera vrai dans 2 ans, avec nos bonnes girouettes québecoises facilement achetable, on peut s’attendre à n’importe quoi et surtout n’importe quelle bassesse du PLQ en élection les 2 mains sur le volant pour aller arnaquer des votes.

  2. Mais encore, Bourassa s’en cachait pas, il était proche du PC durant les années Mulroney. Charest lui, il tente de jouer les péquistes à cinq cennes, en semblant plus péquiste que les péquistes eux-mêmes en mettant tout le monde à dos y compris d’avoir complètement brûlé ses chances avec le gouvernement fédéral.

    Sur ce, je prédis, peut-être que le PLQ va tellement être terni qu’il va devoir changer de marque. Et encore, les «Libéraux» tant au Québec, en Ontario ou au fédéral n’ont absolument rien de libéral tant économiquement que socialement. Du moins en Grande-Bretagne, les libéraux sont plus ouverts à leurs racines.

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