Faux dilemme

Je dois dire en premier lieu que l’histoire d’étendre la loi 101 à des étudiants du post-secondaire est carrément de l’hérésie pour se faire du capital politique auprès d’une certaine base. Or, en politique, rien de plus facile d’inventer des problèmes plus ou moins imaginaires pour ensuite se faire un quelconque capital politique.

Mais encore, deux choses sont oubliées dans ce cadre:

-On ne parle pas d’une éducation de base qui est obligatoire. Or, je vais être franc, l’éducation post-secondaire n’est pas un droit, c’est un privilège.

-Aussi, dans la quasi-totalité des cas, il s’agit de personnes majeures. Or, est-il légal de forcer une personne majeure d’être forcée à aller dans tel ou tel collège ou université selon des facteurs prédéterminés (et je parle d’une éducation supérieure dans ce cadre)? Aussi, comment détermine-t-on si une personne est apte à aller dans une langue ou l’autre?

Ensuite, il est cependant ironique que certains politiciens au Québec qui sont francophones ont étudié dans des établissements supérieurs anglophones. Pensez à Mario Dumont (Concordia) dans le cadre Québécois ou bien Jacques Parizeau (LSE) ou André Boisclair (Harvard) qui ont étudié à l’étranger en anglais.

Mais encore, dans toute cette histoire, ça va être le jeune francophone des régions qui va perdre beaucoup dans tout cela. Or, habituellement, il n’habite pas dans un milieu anglophone, il a habituellement peu accès à des médias en anglais (sauf que l’Internet apporte beaucoup de possibilités) et dans la plupart des cas il ne peut pas partir en échange ou aller dans des camps d’été en anglais.

Et ainsi, je dois dire que cela fait 10 ans que j’habite dans un milieu relativement anglophone dans ma vie quotidienne. Or, avant cette période, je dois dire que vivre dans un milieu à 95% francophone, blanc et catholique n’aide pas beaucoup à la connaissance d’une quelconque langue seconde. Comme l’opinion de nombreuses autres personnes, je dois dire que les cours d’anglais enseignés dans les écoles au Québec sont épouvantables, du moins il y a 10 ans et je ne crois pas que cela a beaucoup évolué depuis à part certaines exceptions. Sans exagérer, aux yeux du système, malheureusement, enseigner l’anglais revient quasiment dans certains cas même à un emploi de second ordre.

Il est donc visible que les élites politiques sont incapables de concevoir la situation hors de certains milieux et cela amène qu’un groupe de gens vont être dans la servitude à cause justement d’un facteur d’ingénérie sociale. Ces mêmes élites sont donc déconnectées de la réalité d’une proportion importante d’individus.

Mais cela n’est pas grave, les groupes de pression (genre SSJB), les centrales syndicales et autres organismes corporatistes vont être contents, alors que cela va simplement être fait sur le dos du jeune des régions. Après cela, il veut simplement trouver un autre moyen pour mettre une loi encore plus contraignante au lieu d’aller à la source du problème qui est celui de l’enseignement des langues dans une planète mondialisée.

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