Le culte de la médiocrité

Honnêtement, l’opinion de ce monsieur représente mon opinion et celle de plusieurs autres personnes qu’elles soient immigrantes ou pure-laines. Mais encore, j’ai l’impression que dans leurs tours d’ivoire, les gens dans les différents ministères ne veulent rien entendre sur le terrain.

Pradeep Sagar est un Montréalais d’origine indienne qui est arrivé ici au début des années 1990. Il dirige Kinderville, un réseau de services de garde et d’écoles privées de 370 employés au Québec, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Pourtant, il prépare tranquillement sa sortie.

M. Sagar est un immigrant investisseur excédé par le climat d’affaires du Québec. Il trouve le cadre et la réglementation trop rigides pour exploiter une entreprise et créer de la richesse à long terme.

Dès son arrivée, notre interlocuteur trouvait qu’il manquait d’assistance de la part d’un gouvernement qui l’avait attiré ici afin d’investir.

«Imaginez-vous à la place de l’immigrant, raconte-t-il. Vous voulez avoir un endroit où vivre. Vous voulez lancer votre entreprise. J’étais chanceux, j’ai été voir le meilleur avocat en ville mais la plupart des gens n’ont pas ces ressources financières. Il a fallu du temps pour comprendre les lois et les institutions à consulter. Il aurait été bien de pouvoir payer 10 000 $ à un guichet unique qui s’occupe de tout et de voir des gens qui comprennent l’expérience de l’immigration.»

Pradeep Sagar a vu dès le départ les obstacles au lancement d’une entreprise dans des secteurs sensibles.

«Ma femme voulait lancer un centre de services de garde, dit-il. On nous disait que c’était impossible. Nous ne savions même pas qu’il fallait aller voir un notaire pour signer certains documents, ce qui est différent des autres parties du monde. Il a fallu payer quelqu’un à 800 $ l’heure pour nous dire des choses qu’un conseiller du gouvernement aurait pu nous dire.»

Les enfants de M. Sagar se plaignent que le marché du travail les accueille mieux dans les autres provinces. C’est le cas d’une de ses deux filles, qui a étudié en droit.

«Elle a été éduquée au sein du système francophone, précise M. Sagar. Le contribuable québécois a payé pour son éducation. Quand elle a voulu chercher un emploi, comme elle avait passé du temps aux Nations Unies, en Italie et à Londres, les employeurs ne pensaient pas qu’elle était tout de même intéressée à rester à Montréal. Finalement, elle a trouvé du travail à Toronto. Elle fait plus de 100 000 $ par année là-bas. C’est stupide. Elle serait restée pour la moitié de ce salaire.»

Maintenant, M. Sagar a les yeux sur les autres provinces et sur Dubai pour l’expansion de Kinderville. «Nous avons amorcé les ouvertures en Ontario et ailleurs dans le monde. Nous réduirons lentement la taille de notre entreprise ici. Ça me brise le coeur mais je n’ai pas le choix. En affaires, si vous n’êtes pas en croissance, vous mourrez.»

Cet Indien d’origine tient par contre à dire qu’il aime le Québec. «Nous avons une belle société, une belle ville à Montréal. Le Québec est l’endroit le plus merveilleux du monde. Mais malheureusement, c’est l’endroit le moins favorable pour faire des affaires.»

«Le problème est la bureaucratie, poursuit-il. Ces gens pensent que si vous vous enrichissez, vous rendez quelqu’un d’autre pauvre. C’est faux. Je deviens riche et j’enrichis les gens qui travaillent pour moi. Je paie des impôts. Il n’y a aucun respect pour l’entrepreneuriat.»

http://argent.canoe.ca/lca/bourse/international/archives/2011/02/20110221-061259.html

Donc, en somme, après des décennies de socialisme et de corporatisme, on arrive à la situation suivante (et j’exagère à peine):

-Dans l’opinion publique, celui qui réussi est considéré à la limite comme un voleur, un exploiteur ou un crosseur et non comme quelqu’un qui enrichit sa communauté. On veut alors tirer sur la limousine au lieu de vouloir s’assoir à l’arrière de celle-ci. Or, j’ai l’impression que les valeurs de l’Église Catholique ont aussi beaucoup à voir là-dedans qui est celle du bon pauvre éclairé avec curieusement une église qui est extrêmement fortunée . Mais encore, ces comportements sont acceptés sous un faux précepte solidaire. Par contre, le hic c’est que plus souvent qu’autrement, nombre de ces mêmes organismes solidaires sont très friands des subventions de toutes sortes. Or, tu es libre de faire une entreprise avec la structure ton choix, mais je considère cela très contradictoire de vouloir ensuite courir après des subventions de l’état uniquement parce que TU considères que ton entreprise est davantage en mesure d’en recevoir que d’autres par son étiquette de solidaire.

Or, à la limite, lorsque je vois cela, solidaire me semble être un concept de marketing (ou un buzzword) qui sert à aller chercher des subventions du gouvernement.

-On entre aussi à la fausse logique du jeu à somme nulle qui est quelque chose de malheureusement trop présent dans la culture populaire. Or, un riche qui s’enrichit vole automatiquement un pauvre selon cette analyse baclée et qui fait beaucoup de dommage sur le terrain.

-Généralement, on ne veut pas trop encourager l’entreprenariat. Les seuls entrepreneurs qui sont encouragés sont ceux qui donnent du pognon au parti au pouvoir pour avoir des faveurs en retour. Mais encore, à force de toujours s’enfoncer et de payer des impôts et des taxes pour un avoir des services qui fonctionnent souvent tout croche, l’entrepreneur honnête qui a des bonnes intentions finit par vouloir aller ailleurs ou à faire le plus d’évasion fiscale que possible.

En fait, on critique les gens qui mettent leurs fonds dans des paradis fiscaux (et encore, il faut dire que dans la réalité, pas tellement de gens sont capables d’expliquer comment cela fonctionne en pratique), sans réaliser qu’il y existe des enfers fiscaux.

-Un nombre de personnes au Québec (tout comme dans d’autres sociétés occidentales) vouent un culte quasi-religieux à l’état. Pour eux, l’état doit faire tout, partout et n’importe quand, ce qui fait alors qu’il y existe un certain mépris envers tout ce qui n’est pas étatique ou corporatisé. Par exemple, en cette mesure, les centrales syndicales sont capables d’avoir une structure qui fait tellement penser à une sorte d’état dans l’état, que cela serait considéré totalement inacceptable dans dans bien d’autres sociétés occidentales d’avoir un syndicat qui s’éloigne autant de son mandat original. Je ne dois être pas le seul à constater que lorsque je paye des cotisations obligatoires (qui réprésentent quand même des fonds importants), le syndicat devrait pas les utiliser pour faire du lobbying politique sur des sujets qui n’ont absolument rien à voir avec le millieu du marché du travail.

Et encore, cela a beaucoup a voir avec le nationalisme. L’état-nationalisation et la Jaobinisation de l’état Québecois a aussi beaucoup à voir là-dedans. Sur ce, certaines personnes ne vont pas aimer cela, mais le nationalisme est une idéologie du troupeau qui fait souvent que les gens sont des simples moutons qui suivent le chef peu importe la couleur du drapeau. Donc, même si un leader politique va être critiqué, on va quand même tolérer chez un certain nombre de personnes que celui dépense comme un fou pour acheter un nombre incalculable de clientèles.

Cela donne donc un culte de la médiocrité. Étrangement, malgré le nationalisme, il est considéré acceptable qu’un système de santé étatisé coûte cher et est peu performant tout en étant extrêmement lourd. Cela aussi en ayant un système d’éducation dont il est considéré normal d’avoir un nombre incroyable de décrocheurs malgré des réformes qui n’ont absolument aucun bon sens, sauf pour les technocrates au ministère de l’éducation. Même qu’à la limite, probablement peu d’entre eux sont allés dans une salle de classe pour voir comme cela se fait au jour le jour.

En plus, cela est considéré comme acceptable que l’état prenne une place de plus en plus grandissante dans le PIB avec les décennies. Au lieu d’encourager les entrepreneurs comme M. Sagar, on encourage simplement l’étatisation tranquille en ayant une tarte qui devient de moins en moins grande avec plus de morceaux à couper.

Dans le contexte de la mondialisation, il est clair qu’à moyen terme, cette médiocrité amène de graves conséquences. Mais la classe politique semble peu en tenir compte qu’il elle se cherche principalement à se faire réélir, et je considère cela parfaitement humain.

Donc en somme, il n’est peut-être pas faux de parler de pensée unique. Pensée unique qui démontre que l’étatisme, le corporatisme et la mentalité de troupeau amènent un culte de la médiocrité dans certaines sociétés occidentales qui se fait directement sur le dos des générations futures.

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