2 mai: bientôt trois mois sous un fond d’analyse

Dans quelques semaines, cela va faire trois mois que l’élection fédérale du 2 mai 2011 s’est déroulée.

Or, après réflexion, j’ai préparé mes conclusions, il en a quelques unes qui pourraient vous surprendre.

Tous contre le Bloc:

Au Québec, autant dire que cette élection a été celle qui a mené à la fin prématurée d’une l’ère politique amorcée en 1993 au niveau fédéral. Autant dire que malgré que cela est visible depuis 2006, le Bloc Québécois a atteint son point de non-retour bien avant l’élection de 2011 juste à penser au fait que le Bloc courtisait ouvertement des candidats Néo-démocrates. C’est donc dire que malgré que je crois que l’état-major du parti le savait très bien, le parti n’a pas compris le fait qu’il était en chute depuis quelques années surtout au niveau de son vote populaire.

De plus, malgré que certains vont ressortir l’idée que le Bloc a été le deuxième parti en terme de vote populaire au Québec, autant dire que dans la quasi-totalité des circonscriptions le parti a eu beaucoup de peine à même gagner des bureaux du vote au niveau micro-structurel par circonscription, surtout du fait que le vote néo-démocrate semble avoir été une sorte d’instrument du vote contre le candidat Bloquiste en particulier en étant souvent très éparpillé relativement également dans l’ensemble de la circonscription.

Cela fait donc que certains candidats en place depuis l’élection de 1993 ont été défaits par des marges souvent époustouflantes alors qu’ils n’ont jamais été réellement en danger lors des élections précédentes.

Il est évident que les députés sortants du parti ont été aussi incapables de se bâtir une base personnelle dans leur circonscription et cela du fait que les 4 députés restants du Bloc ont remportés leur circonscription par défaut (et avec un score minime en terme de vote populaire) à cause d’un vote Libéral ou Conservateur plus haut que la moyenne. Peut-être qu’après tout, en caricaturant un peu, le Bloc était rien d’autre qu’un chef.

Une victoire pour le NPD, avec beaucoup de mais…

Le NPD a eu le meilleur score de son histoire et est devenu le second parti au niveau fédéral Canadien pour la première fois de son histoire. Mais encore, cette victoire est uniquement à cause de son Bloc Québécois. Dans les provinces où le NPD n’est pas quelque chose de nouveau ou d’exotique, le parti stagne quelque peu comme en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique ou en Saskatchewan où le parti a de la difficulté à gagner certaines circonscriptions. En Saskatchewan, le parti est incapable d’aller chercher des circonscriptions, tout comme qu’en Ontario, le parti reste cantonné dans des circonscriptions qui sont principalement néo-démocrates au niveau provincial ou ont une historique au parti.

Des exceptions? Depuis le début des années 90, des villes comme Brantford, Cambridge et Oshawa ne sont plus portées à voter NPD. Aussi, malgré que cette région à été longtemps un château-fort pour ce parti même durant la quasi-disparition de ce parti ailleurs au Canada, le NPD fait très pauvrement dans les régions rurales en Saskatchewan et cela même avec un score très ordinaire à Regina, Saskatoon et Moose Jaw, du moins par rapport aux élections provinciales.

Donc, à l’extérieur du Québec, le parti a seulement un député de plus que lors de son zénith en 1988, sans compter que cela est un pourcentage moindre de sièges après l’augmentation du nombre de sièges depuis cette époque.

Aussi, l’autre élément assez ironique est que le parti à une tendance à perdre certains de ses châteaux-forts comme à Winnipeg et à Sault Ste-Marie et cela malgré des députés connus. Comme si le fait que dans certaines régions du pays le NPD est considéré comme quelque chose de rouillé.

Majorité parlementaire réussie

Pour le Parti conservateur cette élection a été un succès très bien planifié en particulier avec une approche micro-structurelle. Le parti a pu véritablement faire une belle percée dans la région de Toronto, tout comme certains gains au Manitoba et en Nouveau-Brunswick. Le hic cependant, c’est que le parti a une eu certaine difficulté dans les circonscriptions baromètres Conservateur/NPD en Colombie-Britannique, au nord de l’Ontario et au Québec, malgré que dans plusieurs cas particulièrement en Ontario et en Colombie-Britannique, le vote NDP et le vote Conservateur était en augmentation en terme de vote populaire par circonscription.

Hécatombe Libérale?

Pour le Parti libéral, cette élection a été effroyable. D’abord, le parti n’a plus aucune base géographique forte et carrément aucune circonscription détenue par ce parti est considérée comme imprenable à part peut-être celle de York-Ouest à la limite. De plus, il est évidement qu’avec le fait que les députés de ce parti sont maintenant éparpillés un peu partout, il risque d’y avoir l’élément que le parti perdre une circonscription donnée lorsque le député sortant se retire de la vie politique. Aussi, il est clair que le parti est dans une situation très inquiétante au niveau provincial surtout si le Parti libéral connait une grosse défaite lors de l’élection provinciale en Ontario au début de ce mois d’octobre. Si les résultats fédéraux sont transposés lors de la prochaine élection provinciale en Ontario, le Parti libéral va être en mode survie pour les prochaines années et pourrait stagner dans les 15% ce qui est la base pur-et-dure du parti qui vote Libéral comme une tradition plus qu’autre chose.

Parti Vert: Un député mais pas grand chose d’autre

Elizabeth May a su bien jouer ses cartes en jeu et gagner une circonscription à l’image de Caroline Lucas en Grande-Bretagne. Par contre, le parti s’est grandement marginalisé par rapport à l’élection de 2008, à part une pognée de circonscriptions. Cela fait même dire que dans un système électoral proportionnel comme en Allemagne, le Parti Vert aurait perdu tous ses députés par rapport à l’élection de 2008 à cause d’un vote populaire trop faible.

Le Mythe du vote divisé

En somme, je veux simplement dire une chose qui est celle que j’ai beaucoup de difficulté à croire au mythe que le voté divisé entre trois partis favorise un parti en particulier. Pourquoi? Parce que justement dans cette élection, tant les Conservateurs, les Néo-Démocrates que les Libéraux ont profité du fait que leur candidat a pu se faufiler en première place. Prenez Justin Trudeau dans Papineau ou bien Rathika Sitsabaiesan dans Scarborough-Rouge River. Cela est aussi pour dire que le mythe que le vote d’un parti peut aller automatiquement à un autre comme second choix est de la pure fantaisie que du fait que l’électeur est un être individuel qui vote selon son choix personnel. Or, dans un cadre fictif, même le Parti orange a beaucoup de similarités avec le Parti jaune, il est totalement faux de croire que le deuxième choix des électeurs du Parti jaune est le Parti orange.

C’est donc dire que les combines de vote stratégique que l’on voit parfois en ligne ne sont rien d’autre qu’un attrape-nigaud où que l’électeur est considéré comme un robot.

Par contre, il est évident que particulièrement durant cette élection, beaucoup de circonscriptions sont devenus des duels entre deux partis. Mais encore, il y a quelque chose d’évident, même si un parti est très faible, il y existe certains cas où un candidat très connu peut avoir un bonus de quelques centaines ou milliers de votes.

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