100 jours

Ça fait plus de 100 jours que la question des frais de scolarité a été discutée des milliers et milliers de fois.

Je vais être franc avec vous, je suis un spectateur face à cette question, mais il est curieux que peu mentionnent certains solutions durables quant au financement de l’éducation supérieure.

Au Québec, depuis très longtemps, il semble y avoir une bipolarité quasi-tribale dans tout dans dans plusieurs autres endroits sur cette planète.

Carré rouge, Carré vert, Montréal, Québec, Lévesque, Trudeau, Canadiens, Nordiques, Rouge, Bleu, Molson, Labatt, McGill, Concordia, SRC, TVA, Coke, Pepsi etc…

Cela se veut en particulier chez une minorité de «carrés» peu importe leur couleur qui démontrent un certain tribalisme primaire.

Vrai que dans les médias sociaux, voir un paquet de carrés rouges me rend mal à l’aise, particulièrement avec l’association du drapeau rouge dans l’histoire à certains mouvements totalitaires. Ça semble tribal, collectiviste et carrément mouton comme attitude.

Ma première critique vient du manque d’arguments non-émotifs en particulier chez une minorité de gens. Notez que dans un conflit comme cela, beaucoup de gens sont très émotionnels avec raison.

D’abord, soyons honnête, il est illusoire de croire que le coût d’un Bac doit être le même peu importe la disipline.

 

Aussi, l’autre chose vient qu’il évident que quelque chose de «gratuit» n’est jamais gratuit.

Ne pas payer «maintenant» pour son éducation supérieure signifie que cela va être payé plus tard par des taxes, frais ou impôts.

Cela peut être en fait un argument autant pour les frais plus élévés comme étudiants (car un contribuable moyen fait déjà assez sa part) ou bien un argument pour des frais de scolarité plus bas (car tu vas habituellement finir par payer plus tard).
En partant de ce principe de base, je crois que le meilleur moyen est d’avoir un libre marché en éducation.

Cela veut dire que les universités devraient être en mesure de créer les programmes de leur choix tout en minimisant la bureaucratie au ministère de l’éducation et en étant des institutions autonomes.

Aussi, cela signifie que d’autres secteurs monopolistiques (comme l’alcool) se doivent d’être libéralisés afin de réduire les intermédiaires au maximum. Cela inclut le fait que certains secteurs se doivent d’être décorporatisés. Entre autres, dans certains secteurs, malgré que cela est plus difficile à faire en pratique que sur papier, va falloir sérieusement trouver des solutions concrètes au problème de la sur-qualification chez une certaine catégorie de gens issus de l’immigration.

Un libre marché en éducation fait aussi que les programmes universitaires vont être beaucoup plus fluides tout en considérant que certains degrés se devront d’être répensés ou éliminés.

Or, je vois mal comment quelqu’un qui a un degré technique, qui gagne des sommes importantes, qui subventionne des degrés auquel les possibilités d’emplois sont très limités.

Aussi, peu mentionnent l’impact gradissant de la formation continue.

Malheureusement, pour certains, l’éducation universitaire semble être une fin en soi au lieu d’un but. 

Par ailleurs, un élément qui me frappe dans ce débat est le manque de vision pour la formation professionnelle et technique. Certains technocrates au Québec aiment bien se comparer à l’Europe sans comprendre qu’il est impossible d’avoir un système sans valoriser la formation technique au point de rationner la formation universitaire plus «académique».

Donc, en somme, évidemment que le status quo en terme de coûts aux étudiants est possible du fait que les générations précédentes ont grandement profité de la non-indexation des frais de scolarité.

Aussi, comme d’habitude, ce qui n’aide peu leur cause, le mouvement contre la hausse se base sur le court terme avec un certain nombre d’entre eux qui pensent carrément avoir un «free ride» du système. On voit aussi une alliance entre ceux qui ont tiré les ficelles du système pendant des décennies.

Je suis évidemment choqué par la non-durabilité des programmes électoralistes faits par les générations précédentes faites sur la carte de crédit que les prochaines générations vont devoir payer.
Mais autant dire que je suis aussi très désabusé des tactiques et des arguments de ceux qui sont contre la hausse.

Or, le gouvernement Charest est aussi social-démocrate que celui du PQ en terme de dépenses et je suis certain que cela n’était qu’une question de temps (peu importe la couleur du gouvernement en place) qu’une telle hausse des frais de scolarité vienne en place. Cela aurait eu probablement en 1996, mais sous une guise de realpolitik (et d’un appui technique et structurel des centrales syndicales assez important au PQ) cela a été reporté à plus tard.

De façon quantitative, le gouvernement du PLQ depuis 2003 a augmenté la taille de la fonction publique sans arrêt, a augmenté le nombre de lois et fait une politique économique (le Plan Nord) qui ressemble à de l’économie planifiée en disant à certaines entreprises où s’établir et quoi faire sur un territoire donnée qui a probablement des droits de propriété très nébulants.
Puis, est-ce qu’une hausse des frais de scolarité est vraiment «néo-libérale» ou pro-libre marché comme politique?  Je ne crois pas et assurer une hausse uniforme d’un coût donné n’est pas vraiment très idéologique comme politique en soi. Même qu’associer le concept des frais de scolarité à une idéologie donnée est assez discutable. Pensons à l’exemple des frais de scolarité en Angleterre et aux Pays-de-Galles ont été amené par un gouvernement du Parti travalliste.
Considérant qu’une grande partie du coût des frais de scolarité est encore financée par les contribuables, une vraie politique pro-liberté serait de donner l’autonomie aux universités et d’arrêter le concept du «one size fits all» en éducation supérieure en terme de coût ou du choix.

Cela signifie aussi qu’il faudrait grandement réduire le rôle du ministère de l’éducation dans la bureaucratisation de l’éducation supérieure.

Mais disons qu’avec ceux qui financent le mouvement anti-hausse, je ne crois pas qu’il est réaliste du croire qu’une cure minceur pourrait se faire mis à part d’ajouter plus de bureaucratie pour supposément réduire les coûts.

En somme, est-ce que le mouvement anti-hausse est réellement un mouvement de réforme de l’éducation supérieure ou bien simplement comme le mouvement «anti-guerre» à l’époque de George W. Bush*.

Une sorte de mouvement qui ne se base pas sur les idées précises et concrètes mais bien sur le zeitgeist de l’opinion publique d’un gouvernement en place avec une coalition qui s’effrite aussi vite qu’un changement de gouvernement.

Notons aussi que beaucoup de jeunes ont probablement des souvenirs très réculés d’un gouverment d’une autre couleur au niveau provincial, ce qui explique une certaine naiveté toute enfantine chez certains.

*Notez que le président Obama est aussi interventionniste au point de vue de sa politique militaire que son prédécésseur. Même que cela est peut-être même plus marqué avec l’usage des drones dont il est extrêmement difficile à quantifier de manière exacte. Cependant, mis à part une certaine couche de la population (dont les libertariens à l’instar de Ron Paul, les paléo-conservateurs et autres pacifistes peu importe leur philosophie politique de base), le mouvement anti-guerre n’a aucunement le côté mainstream qu’il avait en 2003 surtout chez les «progressistes» aux États-Unis.
Comme certains, je me pose présentement la question, est-ce que mouvement «anti-hausse» était vraiment un contre la hausse des frais de scolarité ou bien contre un amalgame plus ou moins concret des éléments impopulaires du gouvernement Charest qui vont autant vers la question de la corruption que d’autres éléments plus ou moins spécifiques et parfois même assez contradictoires.

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