Qui choisir?

Certains électeurs Québécois doivent se poser la question suivante, pour qui dois-je voter (si cela n’est pas déjà fait)?

Cette question est très difficile en son sens.

Mais bon, autant dire que la situation actuelle est dure à voir autrement qu’avec un certain réalisme:

De un, le Québec a de la difficulté à parvenir à offrir des services monopolistiques de qualité.

Il est évident que depuis la situation peine à bouger depuis nombre d’années tant en santé qu’en éducation.

De deux, le Québec peine à créer de la richesse. Il y a peu de Québécois qui sont «riches» alors que la population devient de plus en plus âgée.

Une population plus âgée signifie moins de cotisants alors que des dépenses sont plus grandes tant dans le domaine de la santé que des services sociaux.

De trois, la situation budgétaire porte grandement à inquétude. La question de la dette risque d’être l’enjeu électoral le plus important pour les gens de ma génération.

Aussi, aucune volonté de réformes du gouvernement Charest au-delà des grandes paroles vides de sens. Il est un grand parleur, mais un petit faiseur sauf qu’il ne brasse pas vraiment grand chose du status quo.

Il y a aussi l’aspect de la corruption. Mais autant dire que la corruption est autant à cause de structures pré-établies que de l’incompétence au gouvernement auprès du gouvernement que des cadres supérieurs non-élus.

Donc, pour qui voter?

Le PLQ est usé et corrompu. Celui-ci a été élu sur une plate-forme de réformes en 2003 et n’a pas du tout livré la marchandise. Au-délà de la question de la corruption, le parti doit se poser une question existentielle sur son rôle dans l’axe politique Québécois.

Avec la reprise prochaine de la Commission Charbonneau et l’élément qu’il soit très possible que le parti aie son plus bas score en vote populaire depuis 1867, le PLQ pourrait bien finir comme son homologue fédéral. Selon vous, pourquoi le PLQ n’a-t-il pas voulu aller en élections APRÈS la reprise de cette commission? Notons qu’avec le mandat de cette commission, je crois que cela dérangeait pas trop le PQ d’aller en campagne électorale en plein mois d’août.
La campagne du PQ offre plus de questions et de réponses. À part la campagne très discutable de sa chef, qui a de la difficulté à expliquer même les éléments clés de sa plate-forme, le parti peine à aller au-délà de sa base.

Mais ce qui est le plus dangereux avec le PQ est le fait que beaucoup semblent accepter une plate-forme qui est glissante et pourrait être source de potentielles crises.  Ce n’est plus le PQ «réaliste» du milieu des années 80 ou de la fin des années 90.

Or, de vouloir utiliser des éléments de la plate-forme pour plaire aux idéologues du parti n’est AUCUNEMENT quelque chose qui peut assurer quelconque stabilité. Enlever des droits aux citoyens est la PIRE chose à faire. Même René Lévesque le savait très bien…

De vouloir forcer des adultes de faire leur CÉGEP en français, de vouloir espionner la langue de travail de toutes les entreprises et d’avoir une politique fiscale qui se rélève plus du petit populisme qu’une politique basée sur la raison font preuve que le PQ devrait songer à se réformer.

Sauf que je crois que cette réforme au PQ risque de pas avoir lieu d’aussitôt justement à cause que les réformistes au PQ ne soutiennent plus ou ne sont pas chauds de soutenir ce parti. Le seul ex-chef du PQ a soutenir publiquement Pauline Marois est Bernard Landry.
Ce qui est inquêtant, c’est que le PQ n’a plus rien du parti de Lucien Bouchard ou même de Bernard Landry, il est destiné au pouvoir seulement par défaut, à cause d’un tiers des électeurs Québécois votent pour ce parti.
À 5 à 10% dans les sondages (d’accord peut-être pas selon sa couverture à Radio-Canada), QS va probablement gagner quelques comtés tous sur l’île de Montréal. À part cela, QS n’est pas un parti de masses mais pourrait bien avoir la balance du pouvoir et ainsi créer quelques surprises.
Donc, il reste la CAQ. Mis à part l’insistance de François Legault sur certains éléments quelques peu étranges, la CAQ a fait une bonne campagne et cela considérant les moyens limités de ce parti.

Même si le parti a pris certaines bases de l’ADQ. Il est très difficile de créer un nouveau parti dans un système qui avantage les partis qui sont capables de bien s’établir géographiquement.

Et même là, au-délà de son utilisation quelque peu particulière de Twitter (dont je salue le fait qu’il soit disponible et ouvert), je trouve un certain côté chaleureux et «vrai» à François Legault que j’aurais jamais cru voir à ce type de mon vivant.

Notons que même si c’est une élection où l’on vote pour un candidat et non un chef de parti, le chef à beaucoup d’importance dans la politique Canadienne.
D’accord, je ne suis pas un partisan du nationalisme économique de ce parti, mais autant dire que les autres choix (comme Équipe Autonomiste) sont soit très marginaux ou bien très étatistes, très nationalistes ou bien usés par l’exercice du pouvoir.

Notons aussi qu’au delà du chef, aucun parti politique en particulier a une équipe très forte. La CAQ a su aller plus loin que l’ADQ de feu dans ce domaine en proposant un certain nombre de candidats qui pourrait être des ministres. Le PLQ et PQ ont des équipes de candidats qui sont de surcroît très moyennes.

Peut-être que François Legault va me décevoir, mais peut-être aussi que celui-ci va s’avérer être une belle surprise. Il semble avoir une intensité claire lorsqu’il parle de sujets (comme la dette) qui interpellent les gens de ma génération (j’ai 23 ans). Je crois que voter pour la CAQ (comme QS, ON et etc…), c’est comme essayer un nouveau produit, on finit par aimer ou non avec le temps.

Au moins, un élément important vient que dans l’histoire, les dynasties politiques au Québec viennent d’acteurs venant de différentes origines qui sont capables former une coalition. Même le Parti Libéral du Québec en 1867 (et les autres partis politiques au Québec viennent tous du PLQ d’une manière ou d’une autre sauf peut-être pour Québec Solidaire) était une coalition d’éléments disparates.

Je crois par contre qu’il est grand temps qu’il y aie une réforme du mode de scrutin. Notons qu’un parti comme le PQ pourrait gagner une majorité des sièges, alors que celui-ci va avoir une proportion du vote populaire plus basse qu’en 2008.

Mais bon, faut être réaliste, le status quo est une bonne chose lorsque les acteurs sont avantagés par ce système. Et beaucoup aiment le côté simple du système électoral actuel malgré ses imperfections.
Donc, en somme, si vous êtes pas socialiste et nationaliste (au dire de la cheffe du parti elle-même), ne votez pas pour le PQ.

Si vous êtes fatigués du gouvernement actuel, ne votez pas PLQ.

Et si vous aimez pas ces deux partis, votez CAQ ou pour tout autre candidat d’un autre parti selon votre circonscription. Un socialiste peut voter QS, un nationaliste peut voter ON ou quelqu’un peut voter Parti Nul comme simple vote de protestation.

Mais de grâce, si vous aimez un candidat donné dans votre circonscription (et peu importe son affiliation politique), votez pour lui.

En somme, votez (ou non) pour qui que vous voulez, mais svp, ayez plus de respect pour votre vote que Patrick Huard. Malgré les limites, les défauts et les problématiques d’une démocratie électorale en particulier avec la tyrannie de la majorité, c’est peut-être le «moins pire» des systèmes comme l’autre disait. C’est loin d’être parfait comme système, mais autant dire que les différentes alternatives sont pas trop bonnes…

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