Le blues de la métropole

« Montréal c’est pour les immigrants et les étudiants. » -Un sous-ministre du
gouvernement du Québec »

« Ici on n’utilise pas le Larousse, nous ne sommes pas en France. » -Technocrate du gouvernement Québécois dans un restaurant Montréalais.

Je lisais justement dans un livre de l’éditeur Lonely Planet qui a mis Montréal
dans la liste des dix endroits où les gens sont les plus heureux au monde.

Vraiment? Beaucoup de Montréalais doivent rire en lisant cette liste. La joie de
vivre a des limites. Avoir une joie de vivre ne signifie pas tout de même être un
abruti.

Vous connaissez une ville où?

  • Le symbole de la ville est un truc construit en 1976 dont les Montréalais ont terminé de payer il y a seulement quelques années tout en ayant aucune utilité 90% du temps. L’équipe de baseball majeur a été la seule équipe depuis les dernières décennies à avoir déménagée.
  • Un aéroport international qui a nécessité des expropriations majeures et qui est maintenant avec un terminal vide et aucun vol commercial. Vous connaissez un aéroport de cargo au monde qui a un hôtel intégré qui est vide?
  • Une ville qui manifeste pour tout et pour rien, mais qui est le chef lieu de la juridiction la plus endettée, l’une des moins riches tout en étant la plus taxée en Amérique du Nord. Pourtant Montréal est fortunée en NIMBY et en lobbyistes (lire contestataires de carrière).
  • Un ville qui prend une décennie pour planifier des hôpitaux universitaires et qui a un échangeur d’autoroute qui prend trois coupures de rubans seulement pour débuter les travaux. 

Avec un tel bilan Montréal, oubliez Hemmingford et le Parc Safari, Montréal est la capitale des éléphants blancs.

En grattant un peu la peinture, disons que beaucoup ont en ce moment le Blues de la métropole. C’est triste mais les Montréalais doivent accepter une culture de la médiocrité. Il est évident que Montréal a une mauvaise image entre celle d’une ville d’éléphants blancs et d’une ville qui a des routes plus pires qu’à Sarajevo et une administration qui a un gros problème d’éthique depuis des décennies. Qui ça soit Pierre Doré ou Gérard Bourque à la mairie peu de choses semblent changer.

Vrai que Montréal a des qualités, mais Montréal peine à avoir quelque chose qui n’est pas mieux ailleurs. Elle n’a pas l’histoire d’une ville Européenne, elle a  une culture sportive encore très limitée à part le Canadien, ni même la diversité de Toronto, elle n’a pas le dynamisme entrepreneurial de San Francisco ou le paysage de Vancouver. Vous connaissez une autre ville dans le monde que son principal attrait est un projet de bixi? Même à Amsterdam l’ultra-écolo, les motos (!) peuvent circuler dans les voies pour bicyclettes, truc qui ferait grincer des dents les cyclistes Montréalais.

Autre chose, dans une ville nordique comme Montréal, pourquoi des gens utilisent leur vélo en hiver lorsqu’il fait -20 et qu’il y a une tempête de neige? Un vélo n’est pas une motoneige.

Et Montréal n’est pas vraiment le nirvana en matière de culture, elle est sans contredit le centre culturel du Québec et de l’Amérique du Nord francophone, mais par habitant, des villes comme Minneapolis ou Austin (curieusement visée par le gouvernement Nord-Coréen) ont une scène culturelle beaucoup plus organique avec une population beaucoup plus petite. Montréal n’est pas (encore) Détroit, mais j’ai l’impression que la ville peut bien se comparer à Pittsburgh ou un Cleveland. Le centre-ville devient de plus en plus lassant et certains quartiers font carrément tout pour décourager les entrepreneurs et les habitants en étant plus intéressés à favoriser les poulaillers en ville que l’épicier du coin. Les villes de banlieues deviennent depuis quelques années assez importantes pour que les gens ne voient plus l’intérêt d’aller au centre-ville. 

Même pour le Canadien, si leur club-école est à Laval, beaucoup ne vont pas
traverser la rivière des Prairies. 

Certaines réformes sont possibles pour améliorer la situation. Une réduction du nombre d’élus, une réforme du mode de scrutin, une simplification des paliers juridictionnels municipaux à Montréal pourraient au moins brasser les choses à Montréal. Ajoutons aussi plus de concurrence dans les contrats dans le domaine de la voirie et des travaux publics. 

Le besoin de réformes est criant car Montréal n’a rien à envier à Gilbert Rozon, elle est un festival d’humour qui dure 365 jours par année. Et ce sont les  Montréalais qui en paient les frais. Faudrait peut-être trouver des idées pour rendre Montréal libre.

Considérer Montréal pas seulement comme la métropole mais aussi comme quelque chose qui est distinct du reste du Québec. Après tout, est-ce que Paris est la France? Ou est-ce que Berlin est l’Allemagne?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s