Le pompier pyromane

Je ne vais pas parler dans ce texte de la charte en tant que tel, mais bien d’un élément qui devient de plus en plus évident avec celle-ci.

Depuis les années 70 jusqu’au milieu des années 2000, le système politique Québécois était basé sur deux blocs qui varient essentiellement en fonction de la question constitutionnelle. Étant deux coalitions très larges, tant le PLQ que le PQ ont franchement peu de différences en leur ensemble. Mettons à part l’idéologie, ce sont deux machines électorales avant tout. La grande majorité des politiques publiques au Québec ont longtemps fait consensus. L’un au pouvoir continuait en quelque sorte ce que l’autre au pouvoir faisait malgré ce qui était dit en campagne électorale.

L’histoire de la charte confirme par contre une thèse qui devient de plus valable qui est celle que l’axe politique (ou les axes politiques) changent et cela va probablement changer davantage d’ici quelques années.

Le PQ a joué un jeu dangereux avec cette charte. C’est un jeu qui a fait que le parti a su se mettre a dos un certain nombre de gens qui étaient acquis au parti. Ce n’est pas simplement une question de nombre, mais de matière grise, des intellectuels qui vont probablement y penser deux fois dans l’avenir avant de voter PQ ou de donner quelconque appui à ce parti. Un point important est aussi qu’à la différence des années 80, il y a maintenant plusieurs options valables pour ceux qui ne veulent pas voter Libéral ou PQ.

Pour revenir à cette charte, il est clair que cette politique du PQ a été une politique brouillon et basé sur un  »wedge issue ». Le PQ sait qu’il a plus rien à gagner à Montréal et auprès de gens qui ne sont pas des francophones. Le problème n’est pas seulement avec les articles les plus discutables de cette charte, mais bien du discours tenu (qui serait considéré comme inacceptable dans toute autre situation) et du sentiment selon certains qu’il s’agit d’un coup d’état constitutionnel basé selon l’humeur politique du moment et selon un calcul politique certes ingénieux, mais démagogique et franchement minable. Peut-être que Dick Cheney a fait son entrée en politique Québécoise sans que personne s’en aperçoive après tout.

Or, pourquoi parle-je d’u coup d’état constituionnel? Je m’explique. La Charte québécoise des droits et libertés a un aspect positif, qui est celle que celle-ci a été respectée par tous les acteurs politiques au Québec depuis 1975 et n’a pas connu aucune modification majeure. Malheureusement, étant évidemment certaine d’avoir un refus de la Cour suprême du Canada, le gouvernement Péquiste essaie de jouer les maillons faibles de la charte Québécoise en sachant très bien que la Charte québécoise est semblable à la Charte canadienne des droits et libertés ayant même été adoptée près de 7 ans avant à l’unanimité des acteurs politiques.

Le PQ semble aussi peu connaître comment que des gens comme Jean Charest, Stephen Harper ou Bill Davis ont pu traverser un ou des gouvernements minoritaires. Ce que le PQ essaie de faire c’est de frapper un grand chelem avec un morceau de bois avec un lanceur des ligues majeures de baseball qui lance la balle. Ça peut marcher. Mais ça peut aussi très bien exploser en plein visage à tout moment.

Mais ce qui est le plus cynique, c’est le PQ peine à se poser en public de véritables questions sur sa gestion après près d’un an et demi au pouvoir. Aussi, il y a une impression auprès de la population que le PQ a carrément jeté la serviette sur la question de la corruption et du despotisme. Même que chez les électeurs qui ne votent pas PQ, cette charte est vu comme une simple distraction face à des problèmes majeurs (économie, taxation, corruption, despotisme, qualité des services) que le PQ a pratiquement aucune réponse. Aussi, le PQ va devoir se réveiller un jour à la réalité de la Commission Charbonneau, qui est celle que n’importe quel acteur qui se targuait d’avoir l’appui de la FTQ (pensez en 2007) va devoir avoir des questions à répondre sur ses liens avec un organisme avec des liens aussi directs avec des gens aussi peu recommandables. Est-ce que le soutien technique que le FTQ a donné au PQ pendant toutes ces années était avec les mêmes gens qui ont été mentionnés à la Commission Charbonneau?

Malgré que le PLQ n’a pas vraiment aidé la situation en ayant un bilan mitigé en 9 ans de pouvoir, et si la situation économique continue de stagner (ce qui devient de plus en plus une certitude), le Québec risque d’entrer dans une situation très difficile. Un marasme qu’il fait qu’il est impossible de taxer davantage, que peu ont la motivation de couper ou réformer des dépenses de l’état et que les créateurs de richesses sont au neutre. Et lorsque le grand trésorier Marceau semble être aussi confus que le mime du même nom, il y a un problème.

Pour le bien des Québécois, ce qu’il faut c’est un changement de mentalité auprès des dirigeants et surtout de ne pas inventer de nouvelles façon de diviser davantage les gens au Québec ou de créer plus d’incertitude politique pour une énième fois. De vouloir le status quo (du PQ ou du PLQ) est la meilleure option pour faire que les Québécois soient de plus en plus pauvres.

Et malheureusement, autant dire en somme que la situation plus à l’ouest dans l’Ontario voisin n’est guère mieux! Oh que non! Et à la différence du Québec, encore très peu d’Ontariens réalisent dans quel guêpier auquel ils sont présentement rendus.

Peut-on être d’accord d’avoir des politiciens qui arrêtent de jouer au pompier pyromane pour une fois?

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