Comment expliquer à un français l’élection au Québec du 7 avril

Les élections au Québec se sont terminées hier par une victoire du Parti libéral ayant un gouvernement majoritaire.

Le souverainiste Parti Québécois a eu son pire pourcentage de vote populaire depuis 1970.

Mais comme les derniers sondages ont prédis, la surprise fût la Coalition Avenir Québec, un parti de centre-droit, qui a mieux fait qu’en 2012 en terme de sièges.

Comment expliquer cette défaite du Parti Québécois après seulement moins de 2 ans au gouvernement?

Il est évident que la méfiance d’une importante majorité à l’option souverainiste est un point valable, mais l’énorme problème vient des attentes très hautes que ce gouvernement du PQ avait.

Élu en 2012 sur une plate-forme social-démocrate mais avec un score plus bas qu’en 2012, les premiers mois du gouvernement péquiste ont été une succession de faux pas.

Le parti a dû revenir sur de nombreuses promesses, y compris une taxe minière, un gel des frais de scolarité qui est finalement devenue une hausse par rapport à l’inflation et sur la promesse de geler les tarifs d’électricité de garderies (crèches).

Toutes ses promesses, n’ont pas été respectées. Mais pire, car le PQ a commencé il y a quelques mois une nouvelle tactique qui est celle de parler de l’identité.

Le PQ a décidé de son propre gré d’ouvrir un débat sur une charte des valeurs. Charte dont le point le plus controversé était de bannir les symboles les signes religieux visibles (lire kippah, hijab, turban Sikh) pour tous les employés de l’état (y compris professeurs, infirmières et médecins).

Cette loi est évidemment non conforme à la Charte canadienne (et Québécoise) des droits et libertés. À l’instar de la France, cette loi a aussi servi de prétexte à des propos xénophobes et anti-immigration.

Pendant ce temps, l’économie fait du surplace, les chiffres de l’emploi sont parmi les pires en Amérique du Nord et la dette est énorme. Le sous-emploi frappe particulièrement les immigrants au Québec qui sont très nombreux particulièrement dans la région de Montréal.

Dans le but d’obtenir une majorité, le PQ a donc décidé il y a plus de mois de dissoudre l’Assemblée Nationale.

Seul problème. La campagne électorale fût un échec total pour le Parti québécois, au point même où la PM Marois a promis des baisses d’impôts sous un fond de panique lors de la dernière semaine de la campagne.

D’abord, le milliardaire magnat de la presse Pierre-Karl Péladeau a décidé de se présenter comme candidat pour le Parti québécois dans une circonscription au nord de Montréal.

Cette candidature a suscite de nombreuses critiques, car M. Péladeau gère environ la moitié des médias au Québec et appartient encore la majorité des actions de ses compagnies. Monsieur Péladeau est aussi connu comme quelqu’un qui n’apprécie pas particulièrement le mouvement syndical, bien que celui-ci soit traditionnellement bien proche du Parti Québécois.

L’autre problème vient que le PQ a été dans des histoires de corruption et de pots de vin qui sont arrivées pendant la campagne et cela particulièrement avec l’époux de la PM Marois.

Finalement, le parti libéral du Québec (qui est un parti pro-fédération et centriste) a gagné une superbe victoire. Par contre, il est évident que le PLQ a encore des énormes problèmes face à son passé, teinté de nombreux scandales de corruption.

Mais il est évident que sa superbe victoire est à cause que le PLQ est vu comme un parti stable à l’opposé du PQ.

La grosse surprise de l’élection, à été la bonne performance de la Coalition Avenir Québec, dirigé par le fondateur d’Air Transat.

Le parti a fait une campagne sur une réduction de la taille de l’état et de la dette, sur des baisses d’impôts et l’encouragement de l’entreprenariat.

La CAQ a gagné nombre de circonscriptions dans les régions périphériques de Montréal qui sont attirés par ce discours résolument libéral tout en étant nationaliste mais non-souverainiste.

Le parti de gauche Québec Solidaire a aussi gagné une circonscription au centre-ville de Montréal en restant stable dans les intentions de vote.

S’agit-t-il d’un réalignement politique? Est-ce que la CAQ pourrait devenir le second pôle en politique Québécoise? Nul ne le sait encore, mais autant dire que le fait que le PQ est maintenant le parti des 60 ans et plus ne signifie pas un avenir très rose pour ce parti.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s